GENERALITES
EN VILLE : Bichkek, Naryn, Karakol Déambuler dans les rues de Bichkek un dimanche, c’est comme traverser une ville fantôme. La plupart des rues de la capitale sont désertes. Leur largeur et l’aménagement bien perpendiculaire de ces dernières renforcent ce sentiment. Deux raisons à cela, la première est traditionnelle : les kirghizs consacrent cette journée à la famille. La seconde est historique surtout lorsque nous nous trouvons au cœur de la ville. Le centre ville n’est pas au kirghizistan,un lieu de manifestations sociale, d’échange. Cela date de l’époque soviétique ; on y trouve bien sûr l’opéra (très prisé durant cette époque) qui est une activité encadrée et peu encline à quelques débordements de tous genres mais aussi les bâtiments administratifs et énormément d’universités. Pour sortir le soir, mieux vaut aller en périphérie pour trouver un peu d'effervescence.
AU VILLAGE : Pendant plusieurs décennies et sous l’ère soviétique, les jeunes ont fui les villages pour trouver un meilleur avenir professionnel et économique dans les grandes villes. Les villages étaient alors habités essentiellement par des personnes du 3ème âge.
Depuis quelques années, on constate un retour progressif des jeunes incités à la reprise des activités agricoles offrant alors un nouvel élan de dynamisme dans les campagnes.
DANS LES MONTAGNES : Les semi-nomades s’installent durant les périodes de transhumance estivale dans les montagnes tout autour du lac Yssyk-kôl et du lac Song Koul. Ils montent alors leur yourte et construisent des enclos éphémères... Durant la journée, les troupeaux sont gardés dans les steppes ou montagnes par les cavaliers de la famille et ramenés chaque soir dans les enclos pour la nuit.
KIRGHIZIE INTIMISTE : Les Kirghiz sont très attachés à la notion de famille. L’union du clan familial pourrait, en allant jusqu'au-boutisme, s’apparenter à une question de survie. Les rares mendiants rencontrés lors de mon séjour étaient des hommes ou enfants qui avaient coupés les liens avec leur famille.
L'enfant, jusqu'à 6 ans environ, tient une place d'ultra-privilégié au sein de la famille. Ensuite, il prend part peu à peu aux travaux famillaux selon son âge. La réciprocité protectrice parents-enfants et enfants-parents définit l'organistation familliale kirghize.
Le Kirghizistan compte environ 120 nationalités différentes. Les kirghizs représentent seulement 65% de la population. Les russes qui ont décidé de rester après la chute de l’URSS forment à eux seuls 12% de la population. Les ouzbeks (13%), deuxième minorité principale du pays, sont présents dans la vallée de Ferghana, sud du Kirghizistan. Durant la seconde guerre mondiale, le pays a connu un afflux migratoire d’allemands. On peut aussi rencontrer des Dungans (musulmans chinois venus trouver refuge au Kirghizstan fin XIX fuyant les guerres en Chine), mais également des Ouigours, Ukrainiens, Coréens, Tatars, Turcs et Tchétchènes.
HABITAT : La yourte connue comme l’habitat traditionnel du Kirghizistan n’est montée que durant les périodes de transhumances par les éleveurs kirghizs ou lors de grandes fêtes comme les mariages ou naissance.
En ville, se trouver face à des bâtiments délabrés datant de l’époque soviétique n’est pas une situation inhabituelle. Ces immeubles-blocus sont surtout habités par des étudiants ou jeunes couples. Après quelques années et un petit pécule épargné, ils s'orientent alors vers l'achat d'une maison ou un appartement de meilleur standing. En général, un prêt de 5 ans suffit aux jeunes pour acquérir une maison, et ce grâce à la participation essentielle des familles.