KIRGHIZISTAN (ASIE CENTRALE)
Le Kirghizistan (Kirghizie), pays d’Asie centrale d’une superficie égale à deux fois celle de l’Islande se situe entre la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan.
Indépendant depuis 1991, ce pays de l’ex-union soviétique est un jeune pays en quête d’identité.
Depuis 20 ans, le pays fait face à un réel bouleversement social, économique et politique.
Les derniers événements (révolution d’avril 2010 et émeutes à Och) sont l’une des conséquences de cette instabilité politique.
Par ailleurs, à ce jour, les routes, pour la plupart en très mauvais état, témoignent de réels dysfonctionnements au niveau de l'administration et d'une corruption latente au sein du pays.
Pourtant, face à cette crise identitaire, le pays semble trouver son salut dans un retour aux traditions ancestrales tel que le nomadisme.
Le nomadisme, mode de vie interrompu dans les années 30 suite à une sédentarisation massive et forcée sous l’ère soviétique, retrouve ainsi peu à peu une place privilégiée au sein de la société kirghize. Durant la période estivale, les tchabans (bergers semi-nomades) accompagnent leur troupeau dans les djailoo (alpages). Ils y installent leur yourte et toute une organisation digne des nomades d’antan se met en place.
Parallèlement, les villages se repeuplent peu à peu. Depuis quelques années, on constate un retour progressif des jeunes aux activités agricoles, offrant alors un nouvel élan de dynamisme dans les campagnes.
Le Lac Yssyk-Koul, Région industrialisée à 70 % sous l’ère soviétique, se tourne peu à peu vers le tourisme et devient un des lieux de villégiature préférés des citadins (principalement de Bichkek).
C’est peut être au travers de cette reconquête du terroir et non du territoire que le pays pourra trouver une solution.
Les photos qui vont suivre retracent des moments de vie pris cet été au nord du Kirghizistan.
Le Kirghizistan, un pays de montagnes :
Le Kirghizistan détient à lui seul 3 pics dont les hauteurs oscillent entre 6995 m et 7 439m.
Ce qui fait de ce pays une destination phare pour les alpinistes du monde entier.
L’ascension de ces 3 sommets (Khan Tengri (6 995 m), Pic Lenine (7 134m) et pic Pobedy (7 439 m) ainsi que deux autres pics (Pic Ismael Samani et le pic Korzhenevski situés au Tadjikistan) est récompensée par le Prix du léopard des neiges. Récompense datant de l’époque de l’Union URSS.
Entre ces différents pics, le pays offre une multitude de paysages qui nous font voyager d’écosse au canada, des Etats Unis en Mongolie.
Au nord-est du pays, on y découvre le lac Yssyk-köl. Deuxième plus grand lac de montagne au monde (après le lac Titicaca situé au Pérou) d’une surface de 6 332 km2 à 1 620 m d’altitude).
Pendant l’ère soviétique, 70 % des usines du pays se trouvaient autour du lac. Depuis la chute de l’Union soviétique et l’indépendance du pays en 1991, la région s’est tournée tout naturellement vers le tourisme. Ainsi, Les habitants de Bichkek s’y retrouvent pour le week-end. Ils peuvent louer une chambre ou maison aux personnes restées autour du lac.
Les russes descendent dans le dernier grand hôtel construit avant la chute de l’Union soviétique. Un accès à une plage privée leur est réservé.
La Kirghizie, une population multiéthnique :
La Kirghizie a connu aux cours des siècles passés nombreuses occupations ou influences des pays limitrophes. Ainsi, de 642 à 712, conquête musulmane de l'Asie centrale. En 1219, début de l'invasion des mongols en Khirghizie. Plus tard, dès 1862 avec la grande révolte des kirghizs soutenue par l'empire du Tsar Nicolas II, les russes annexent alors peu à peu le pays. L'Instauration du bolchévisme en 1917 conferera une extension de la citoyenneté à tous les sujets de L'URSS et mettra un terme a la ségrégation raciale de l’époque coloniale. Le peuple kirghizs deviendra alors citoyen soviétique à part entière. Le pays retrouvera alors son indépendance en 1991 (A noter que le mythe fondateur du pays, l'"Epopée de Manas"(Héros kirghiz) a depuis l'indépendance jouer un rôle unificateur au sein du pays).
L'ensemble de ces évènements passés ont contribué à construire une Kirghizie aux multiples visage du type europoïde au type mongoloïde.
Une vie au rythme des saisons :
La vie des kirghizes et plus particulièrement des semi-nomades s’organise différemment selon les périodes hivernales ou estivales.
Durant l’Eté, les semi-nomades arrêtent leur activité professionnelle à la ville ou au village pour mener dans les pâturages d'été (Jaïloo) leur troupeaux (vaches, chèvres, moutons ou chevaux). Ils y restent environ 3 mois de l’année de Juin à début septembre. A la fin de la saison estivale, ils redescendront leurs troupeaux au 1er village et loueront les services d’un berger qui gardera alors ces derniers durant la saison hivernale. Ils reprendront, alors, leur autre activité professionnelle. Cette "dichotomie" est la conséquence de la sédentarisation forcée des années 30 sous l'ère soviétique.
Les bazars et foires aux bétails
Rentrer dans un bazar en kirghizistan, c’est comme ouvrir les portes de la caverne d’Alibaba… On y trouve de tout et au détail. Les étales colorées et bien fournies sont un régal pour les yeux mais aussi pour les sens en général. On déduit alors rapidement que le pays est en autosuffisance alimentaire.
Véritable "agora" des temps modernes, les habitants des villes et villages viennent chaque jour de la semaine y faire leur course mais aussi y échanger des idées.
Les marchés aux bestiaux se déroulent tous les vendredis, samedi ou dimanche du mois. Les foires s'animent de 2H à 11H du matin. On déambule entre moutons, vaches et chevaux. Quelques particuliers viennent acheter quelques têtes à l'occasion d'un mariage ou anniversaire. Les tractations vont bon train. Outre une forte agitation, on perçoit aussi une réelle tension.